Le chômage déstabilise la vie des jeunes diplômés à Beni
Dans la ville de Beni, les jeunes diplômés sont de plus en plus confrontés au chômage. Malgré les sacrifices consentis pour poursuivre des études universitaires, l’emploi demeure pour beaucoup un rêve lointain. Cette situation alarmante fragilise l’avenir de toute une génération.
Après l’obtention de leurs diplômes, nombreux sont ceux qui se retrouvent sans travail, parfois pendant plusieurs années. L’espoir laisse progressivement place au découragement. Le chômage des jeunes diplômés devient ainsi un phénomène inquiétant dans la région.
Des causes multiples, dont la corruption
Plusieurs facteurs expliquent cette réalité. Le manque d’opportunités d’emploi, la lenteur administrative dans les services publics et la corruption dans certains processus de recrutement figurent parmi les principales causes évoquées.
Selon Paluku Mustari, cette situation pousse certains jeunes à envisager l’exode vers d’autres régions du pays, tandis que d’autres sombrent dans le désespoir, pouvant parfois conduire à des comportements déviants.
Des critères d’embauche jugés trop exigeants
D’après Mumbere Kambale David, agent à la Division du travail, les critères d’engagement dans certaines institutions sont devenus particulièrement exigeants, excluant ainsi de nombreux jeunes pourtant compétents et talentueux.
À l’Office national de l’emploi (ONEM), on reconnaît que des efforts sont en cours pour améliorer l’insertion professionnelle, mais les résultats tardent à se faire sentir. De leur côté, certains enseignants d’universités pointent du doigt l’insuffisance de formations orientées vers l’auto-emploi et l’entrepreneuriat.
Kisoma Mughole Exaucée, diplômée en économie depuis trois ans, témoigne : « J’ai fait tout ce qu’il fallait, mais je reste à la maison. Je vis encore sous la responsabilité de mes parents. C’est humiliant. »
La réussite, fruit de la persévérance
Malgré ce tableau préoccupant, certains jeunes parviennent à s’en sortir. Fiston Kalume, diplômé en gestion des entreprises, a décroché un emploi stable dans une société locale grâce à sa persévérance et aux compétences acquises durant sa formation.
« Ce n’était pas facile, mais je suis resté déterminé malgré le chômage autour de moi », confie-t-il avec fierté.
Face à cette réalité, les jeunes diplômés de Beni demandent à être écoutés et accompagnés. Ils appellent l’État à mettre en place des politiques publiques concrètes pour stimuler l’entrepreneuriat, favoriser la création d’emplois et garantir des recrutements transparents, sans corruption ni favoritisme. Car l’avenir de Beni repose sur sa jeunesse. Il est temps de transformer l’espoir en action.
AMBELE FWAMBE IRÈNE (Etudiante en SIC-UOS)
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