Beni : Chefs de base ou médiateurs au cœur de la cohésion sociale
Dans plusieurs quartiers de Beni, les chefs de base s’imposent comme des acteurs essentiels de la cohésion sociale. Grâce à leur rôle de médiation, de nombreux conflits, notamment conjugaux et de voisinage, trouvent une issue au niveau local, évitant ainsi le recours à la justice formelle, souvent jugée lente et coûteuse.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les chefs de cellule jouent désormais un rôle central dans la résolution des conflits familiaux et sociaux. De nombreux couples en désaccord préfèrent solliciter leur sagesse afin de trouver un terrain d’entente plutôt que de saisir les instances judiciaires : « Oui, quand il y a une mésentente avec mon mari, on appelle le chef. Il nous prodigue des conseils et nous nous réconcilions. Le chef est très important, car dès qu’il intervient, tout va mieux », explique une quadragénaire.
Les habitants reconnaissent également l’importance de ces autorités locales dans la gestion des différends du quotidien. « Les chefs nous aident, nous recourons à eux pour la médiation. Quelqu’un était venu m’agresser et c’est lui qui est intervenu en premier. Tous les rapports lui parviennent », témoigne M. K., habitant du quartier Cité Belge.
Tensions apaisées par la médiation
Pour sa part, Busa Vincent, chef de la cellule Kitchanga dans le quartier Cité Belge, en commune de Bungulu, explique que sa mission principale consiste à rapprocher les parties en conflit à travers la médiation sociale. Il reconnaît toutefois que les chefs de base ne disposent pas toujours d’une formation spécialisée dans ce domaine, même si leur travail reste, selon lui, remarquable. « Notre rôle est d’unir et non de diviser les familles. Nous intervenons aussi dans la sécurité et la résolution des conflits entre voisins. Parfois, les familles viennent nous remercier après une réconciliation. Nous avons compris que lorsque les voisins se retrouvaient en prison pour des faits bénins, cela faisait partie des sources des tueries à Beni. Une fois sorti de prison, avec toute la souffrance endurée, le concerné cherche souvent à se venger », explique Busa Vincent.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’Union nationale de la presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Mady Nzenza Ilongo
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