Spoliation des espaces publics, une menace grandissante à Beni
A Beni, la spoliation des espaces publics, en particulier des cimetières, prend une ampleur de plus en plus inquiétante. Ce phénomène, qui impliquerait à la fois certains agents de l’État et des particuliers, creuse le fossé entre la population et les autorités, tout en suscitant une vive indignation au sein de la communauté locale.
Des cimetières livrés au morcellement illégal
Dans plusieurs communes de la ville, des espaces publics autrefois protégés sont aujourd’hui occupés illégalement. Les communes de Mulekera et de Bungulu figurent parmi les plus touchées. Dans les quartiers Ngongolio et Cité Belge, des terrains initialement réservés aux cimetières sont progressivement morcelés et attribués à des particuliers, en violation flagrante des lois en vigueur.
Une profanation qui choque la conscience collective
Les cimetières de Ngongolio, dans la commune de Mulekera, et de Kichanga, dans la commune de Bungulu, font actuellement l’objet de lotissements illégaux. Pour de nombreux habitants, cette situation constitue une véritable profanation des tombes et une atteinte grave à la mémoire des défunts.
Me Pépin Kavota, président de la Société civile forces vives de Beni, dénonce des actes qui, selon lui, ne relèvent pas seulement du vandalisme : « Il s’agit d’une atteinte à la dignité humaine et aux valeurs sociales fondamentales », affirme-t-il.
Silence des autorités et colère de la société civile
Malgré les démarches entreprises auprès du bureau de l’état civil de la mairie de Beni, aucune audience n’a été accordée aux représentants de la société civile. Ce silence des autorités alimente la frustration et la colère de la population, qui considère cette situation comme injuste et intolérable.
Une infraction sévèrement punie par la loi congolaise
Selon Nyonyi Bwanakawa, maire honoraire de Beni, le morcellement illégal des cimetières constitue une infraction grave, réprimée par la Constitution et les lois de la République démocratique du Congo. « Les auteurs de ces actes doivent impérativement répondre de leurs faits devant la justice », souligne-t-il.
L’urgence d’une action judiciaire
Face à cette situation alarmante, la population de Beni attend une réaction ferme de la justice et du ministère public afin de rétablir l’ordre dans la gestion des espaces publics. Sans une intervention rapide et exemplaire, la spoliation des cimetières risque de se banaliser, au mépris du respect dû aux morts et de l’autorité de l’État.
NZANZU NDERYA Séraphin (étudiant en SIC-UOS)
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