Beni : Comités Locaux de Sécurité (CLS), nouvelle dynamique de rapprochement

Beni : Comités Locaux de Sécurité (CLS), nouvelle dynamique de rapprochement

Dans un contexte longtemps marqué par des tensions entre autorités et population, de nouveaux mécanismes de dialogue communautaire, appelés Comités Locaux de Sécurité (CLS), s’imposent progressivement à Beni comme un outil de rapprochement et de prévention des conflits entre les populations et les acteurs de l’administration.

A Beni, les incompréhensions entre autorités locales et citoyens ont souvent alimenté la méfiance, provoquant parfois des manifestations et des frustrations récurrentes. Mais une nouvelle dynamique s’installe progressivement grâce aux CLS, qui réunissent plusieurs acteurs sociaux : société civile, leaders locaux, autorités administratives, militaires et policières, autour des questions sécuritaires.

Selon les habitants interrogés, cette approche participative contribue à transformer les relations entre gouvernants et gouvernés : « Avant, il y avait un climat de méfiance entre les jeunes activistes et les autorités. Ils nous voyaient comme des rebelles. Mais aujourd’hui, avec les CLS, nous pouvons nous asseoir autour d’une même table, ce qui renforce la confiance », explique Nick Junior, militant du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA).

Populations impliquées dans la sécurité

Dans ces cadres d’échange, la population exprime ses préoccupations tandis que les autorités s’efforcent d’y répondre afin d’améliorer la situation sécuritaire : « La collaboration se consolide de plus en plus. Les autorités nous appellent parfois pour écouter nos doléances recueillies auprès des populations, que nous formulons sous forme de recommandations, et celles-ci sont prises en compte », a déclaré Julie Nkuna, femme leader à Beni et coordonnatrice de l’ONG Femmes congolaises pour le développement (FECODE).

Même les autorités saluent l’initiative, estimant que le retour durable de la sécurité à Beni est impossible sans l’implication totale des populations. Le commissaire divisionnaire Louis Segond Karawa, vice-gouverneur du Nord-Kivu, insiste sur cette évolution : « Il y avait une réelle méfiance par le passé. Aujourd’hui, avec les CLS, nous nous rapprochons de la population, car la sécurité, c’est d’abord cette population. »

Résultats encourageants sur le terrain

Un acteur de la société civile salue également cette initiative, qu’il juge déjà efficace :

« Les CLS facilitent les échanges et permettent d’anticiper plusieurs conflits. Nous alertons et les autorités interviennent rapidement. Il y a déjà des bandits arrêtés et des numéros verts ont été mis en place. Il y a un grand changement », précise Pepin Kavota, Président de la Société civile de Beni.

Dans ce contexte, les Comités Locaux de Sécurité apparaissent comme un outil prometteur de prévention des conflits et de renforcement de la collaboration entre autorités et population, dans une région encore confrontée à d’importants défis sécuritaires.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », mis en œuvre par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC Suisse). A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.

Chantal Kahashi


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