Beni : contraints au commerce ambulant, des enfants ne peuvent pas étudier
A Beni, de plus en plus d’enfants abandonnent les bancs de l’école pour se lancer dans le commerce ambulant. Poussés par la pauvreté et la pression familiale, ces jeunes compromettent leur avenir. Défenseurs des droits de l’enfant et acteurs locaux appellent à une réaction urgente des autorités et des parents.
Dans la ville de Beni, un phénomène inquiétant prend de l’ampleur : chaque jour, des enfants et des adolescents arpentent les marchés, les carrefours et les grandes artères, marchandises à la main. Autrefois marginal, le commerce ambulant devient pour certains une nécessité vitale, pour d’autres une habitude qui s’installe au détriment de l’école. Une situation qui interroge sur l’avenir de cette jeunesse.
L’école sacrifiée pour quelques billets
Selon plusieurs observateurs locaux, de nombreux jeunes abandonnent progressivement les études. Pris par le besoin immédiat de gagner un peu d’argent et face à la pression économique qui pèse sur leurs familles, l’éducation passe au second plan.
Pourtant, les conséquences sont lourdes : déscolarisation, illettrisme et perpétuation du cycle de la pauvreté. À long terme, c’est toute une génération qui risque d’être fragilisée.
L’alerte des défenseurs des droits de l’enfant
Le président du Parlement des Enfants de Beni, Éloge Bwanakawa, tire la sonnette d’alarme :
« Le commerce ambulant prive nos jeunes de leur droit fondamental à l’éducation et les expose à de graves risques. Nous demandons aux parents et aux autorités d’agir pour protéger l’avenir de ces enfants.»
Les défenseurs des droits de l’enfant insistent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de protection et de sensibilisation.
Témoignage : « Je n’avais pas vraiment le choix »
Jordan Mubakiri, ancien élève devenu vendeur ambulant, partage son vécu :
« J’ai arrêté l’école non pas parce que je n’aimais pas étudier, mais parce que ma famille avait besoin de moi. À la maison, on manquait de tout. Je me suis dit que si je vendais dans la rue, je pourrais contribuer un peu. Ce n’est pas facile, surtout quand je vois mes amis aller à l’école pendant que moi je cours après les clients. Mais je n’avais pas vraiment le choix… »
Un témoignage qui illustre la réalité sociale derrière ce phénomène.
Une responsabilité collective
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour interpeller les autorités locales, les parents et la société civile. Sans actions concrètes, Beni risque de voir émerger une génération sacrifiée, incapable de relever les défis de demain.
Des mesures urgentes s’imposent, dont le soutien scolaire pour les enfants vulnérables, la sensibilisation des parents sur l’importance de l’éducation, la mise en place gouvernementale des programmes d’accompagnement socio-économique pour les familles en difficulté. Bref, éduquer, c’est construire l’avenir. Laisser la jeunesse de Beni se perdre dans les contraintes du commerce de rue, c’est compromettre le développement de toute une région.
Umar Kitsopa (étudiant en SIC/UOS)
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