Beni: des bars tenus par des jeunes filles, risque ou indépendance financière?

Beni: des bars tenus par des jeunes filles, risque ou indépendance financière?

A Beni, l’essor des bars et boîtes de nuit tenus par de jeunes filles traduit à la fois une réponse au chômage et une source d’inquiétude pour la jeunesse. Entre indépendance économique et risques pour l’éducation et la discipline financière, ces lieux reflètent les défis sociaux complexes de la ville.

Face au chômage et au manque d’opportunités, plusieurs jeunes filles de Beni se tournent vers l’ouverture de bars pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Pour elles, ces établissements représentent une solution concrète pour gagner leur vie de manière indépendante.
« J’ai ouvert ce bar parce que je n’avais pas d’emploi. Grâce à cela, je peux payer mon loyer et me nourrir », confie une jeune gérante rencontrée à Malepe.

Ces initiatives témoignent de la créativité et du courage de ces jeunes femmes, qui tentent de sortir de la précarité dans un contexte économique difficile.

Une influence préoccupante sur la jeunesse

Cependant, ces mêmes bars attirent de nombreux jeunes consommateurs qui dépensent souvent sans mesure. « Quand je vais souvent au bar, je gaspille mon argent. Parfois, je laisse tomber l’épargne ou les besoins essentiels », avoue un habitué.

Pour certains, ces lieux deviennent une distraction majeure, détournant les jeunes de leurs objectifs personnels et professionnels. Il n’est pas rare que certains passent tout leur temps dans ces établissements, négligeant études, travail ou responsabilités familiales.

Entre opportunité et risque social

Les bars tenus par les filles représentent donc un double visage : un outil de survie pour certaines et un danger silencieux pour une jeunesse sans encadrement. Les autorités locales s’inquiètent d’ailleurs de la déviance croissante liée à la vie nocturne et des effets sur la discipline et l’éducation des jeunes. Il apparaît essentiel de trouver un équilibre entre ces opportunités économiques et la protection de la jeunesse. Un encadrement approprié pourrait permettre à ces initiatives de contribuer au développement personnel et social tout en minimisant les risques pour la communauté.

KYAKIMWA MUSONDIWA EUPHRASIE (Etudiante en SIC/UOS)


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