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LE VERIDIQUE MEDIA

« Journalisme de paix »: les journalistes appelés à la neutralité en période d’Ebola

« Journalisme de paix »: les journalistes appelés à la neutralité en période d’Ebola

Beni, 2 septembre 2026, les professionnels des médias ont été sensibilisés mercredi 2 septembre 2026 sur les principes du journalisme de paix et de la communication en période d’épidémie d’Ebola. La formation a notamment porté sur la vérification de l’information, le traitement des rumeurs, la prévention de la maladie à virus Ebola et l’importance de la neutralité journalistique pour préserver la confiance du public.

Au cours de cette session de capacitation, le CT Mulonda Kafiamali, président de l’Union Nationale de la presse du Congo, sous-section de Beni , a insisté sur la nécessité, pour les journalistes, de vérifier toute information avant sa diffusion, particulièrement lorsqu’elle concerne une situation sensible comme une épidémie ou un conflit. Selon lui, le journaliste doit notamment se poser plusieurs questions : Quelle est la source de l’information ? Où cette personne l’a-t-elle obtenue ? Existe-t-il plusieurs sources indépendantes ? D’autres confrères ont-ils pu confirmer l’information ?

Cette démarche permet d’éviter qu’une diffusion précipitée ne provoque la panique ou n’aggrave une situation déjà préoccupante.

Ne pas transformer les rumeurs en informations

Les participants ont également été invités à ne pas reprendre les rumeurs comme des faits établis. Le professionnel des médias doit plutôt commencer par identifier la rumeur, comprendre les raisons de sa circulation, vérifier les faits et interroger les sources compétentes. Il doit ensuite formuler des questions pertinentes et apporter au public des réponses claires, notamment avec l’intervention d’experts du domaine concerné.

Le journaliste doit également permettre à la population d’exprimer ses préoccupations afin de mieux comprendre les inquiétudes qui circulent au sein de la communauté.

Le réflexe du journaliste de paix

Dans le contexte d’une épidémie ou d’une situation de conflit, le journaliste de paix doit mesurer les conséquences potentielles de son travail avant toute diffusion. Il doit notamment se demander : Est-ce vrai ? Qui a parlé et qui n’a pas encore parlé ? Quels mots dois-je utiliser ? Quelle est l’origine du problème ? Existe-t-il des solutions ?

Le choix des mots est particulièrement important, certains termes pouvant renforcer la peur ou la stigmatisation au sein de la population.

L’objectif, selon les enseignements de la formation, est de produire une information vérifiée, équilibrée et utile, capable d’éclairer le public sans contribuer à l’escalade des tensions.

Ebola : une réalité qui exige une mobilisation collective

Un briefing consacré à l’épidémie à virus Ebola a ensuite permis aux participants d’échanger sur la réalité de la maladie et les moyens de la prévenir. Les échanges ont rappelé que la maladie à virus Ebola constitue une préoccupation majeure dans le pays, notamment dans la province du Nord-Kivu, à Beni ville et territoire.

Les participants ont été sensibilisés aux différents modes de transmission, notamment les contacts avec des animaux infectés ou leurs fluides, ainsi que les contacts entre personnes. La transmission peut également intervenir à travers des objets, des surfaces, des vêtements, des draps ou encore des équipements médicaux contaminés. Les environnements de soins nécessitent, à ce titre, une vigilance particulière en raison des risques auxquels peuvent être exposés les prestataires et les patients.

Reconnaître les signes et renforcer la prévention

Parmi les signes évoqués figurent notamment la fatigue, les maux de gorge, la fièvre, les maux de tête et les douleurs musculaires.

Les participants ont été appelés à renforcer les mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, la prise de température et la décontamination. En cas de suspicion ou de cas signalé, la collaboration avec les équipes spécialisées, notamment pour le listage, la décontamination et le suivi, a été présentée comme essentielle. Les professionnels des médias ont ainsi été encouragés à contribuer à l’alerte précoce et à la diffusion des informations essentielles, tout en favorisant l’adhésion de la communauté aux mesures de prévention.

La neutralité, un pilier de la crédibilité journalistique

Dans une troisième intervention, le CT Mulonda Kafiamali est revenu sur la question de la neutralité journalistique, particulièrement importante en période d’épidémie. Il a rappelé qu’un manque de neutralité peut contribuer à créer de la confusion au sein de la population. Toutefois, la neutralité ne signifie pas l’indifférence face aux événements. Pour lui, un journalisme responsable et orienté vers l’impact contribue à renforcer la confiance du public.

Média crédible = meilleure confiance = meilleure compréhension de l’information, a-t-il résumé.

Le formateur a également mis en garde contre le danger de transformer une rumeur en information médiatique. Avant de diffuser une information sensible, le journaliste doit se demander si celle-ci risque d’aggraver la situation. Cette exigence ne signifie pas censurer l’information, mais plutôt la traiter avec responsabilité, rigueur et professionnalisme.

En clôturant la session, le CT Mulonda Kafiamali a rappelé aux professionnels des médias la nécessité de privilégier l’utilité publique dans leur travail : « Il faut dire un fait quand c’est bon d’en parler et quand ce fait est utile. »

L’atelier de 3 jours, a ainsi mis en évidence le rôle central des médias dans la prévention des rumeurs, la sensibilisation de la population et le renforcement de la confiance communautaire pendant une période d’épidémie.

Rédaction


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