Nord-Kivu : le forum provincial de paix s’achève à Beni sur un engagement renouvelé contre les ADF
Après trois jours d’intenses travaux à Beni, le forum provincial de paix consacré à la lutte contre les ADF s’est clôturé mercredi 25 février 2026. Autorités politico-administratives, forces de défense et de sécurité, société civile et partenaires internationaux ont réaffirmé leur détermination à mutualiser les efforts pour éradiquer ce groupe armé responsable de milliers de morts dans la province.
Lors de la cérémonie de clôture, organisée au quartier Boikene, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Evariste Somo Kakule, a salué la qualité des contributions. Il a souligné que les travaux ont permis aux participants d’être « réarmés mentalement, moralement et scientifiquement » pour parler un même langage et bâtir une stratégie concertée de neutralisation des ADF. Le gouverneur a également exhorté chaque citoyen à faire de la paix une priorité personnelle et collective : selon lui, les ADF « ne sont pas invincibles » et doivent être affrontés avec courage et unité, loin de toute résignation.
Vers une stratégie intégrée et un cadre de suivi
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Aimé Boji Sankara, a insisté sur la nécessité de transformer les recommandations en actions concrètes. Il a salué le passage d’une approche fragmentée à une stratégie intégrée articulant les dimensions sécuritaire, judiciaire, humanitaire, sociale et de développement. « Parmi les avancées annoncées figurent, la mise en place d’un cadre de suivi des résolutions du forum, l’élaboration d’un plan provincial intégré de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent des ADF, le renforcement de la coopération interprovinciale et transfrontalière et l’accent mis sur la résilience communautaire et la prévention de la radicalisation des jeunes ».
Un lourd bilan humain après douze ans d’attaques

Les échanges ont également mis en lumière le coût humain du conflit. Le chef d’état-major général adjoint des FARDC, le lieutenant-général Jacques Nduru, a indiqué que 2 689 militaires ont perdu la vie depuis le lancement des opérations Sokola 1, sans compter les casques bleus de la Monusco.
De leur côté, les acteurs de la société civile estiment à plus de 12 750 le nombre de civils tués depuis le 2 octobre 2014, sans inclure les disparus. Des chiffres qui traduisent l’ampleur du drame humain dans la région. c’est pour cette raison que les jeunes réunis au sein des mouvements citoyens et des groupes de pression estiment que les résolutions issues de ces assises doivent être prises au sérieux. Ils précisent en effet que ce type d’initiatives a déjà été organisé à Beni par le passé, sans produire les résultats escomptés. « Il est désormais indispensable que les recommandations formulées ne restent pas lettre morte, mais qu’elles soient suivies d’actions concrètes et mesurables, capables d’apporter de véritables changements au bénéfice de la population », souhaite l’un d’eux.
Trois jours d’analyses et de concertation stratégique
Ouvert le lundi 23 février 2026, le forum provincial de paix sur la problématique des ADF a réuni, à Beni, différentes couches sociales, les représentants des forces et services de sécurité de la République démocratique du Congo ainsi que des partenaires nationaux et internationaux.
Ces assises ont permis d’examiner l’historique du mouvement ADF, son mode opératoire, ses sources de financement, d’approvisionnement et de recrutement, ainsi que la cartographie de ses zones d’influence. Les participants ont également évalué le bilan humain des violences et analysé les mécanismes juridiques et judiciaires existants pour faire face au phénomène.
La coopération régionale au cœur de la riposte
Évoquant les opérations conjointes entre les FARDC et l’armée ougandaise (UPDF), le lieutenant-général Jacques Nduru a souligné l’importance de la mutualisation des forces. Selon lui, la coalition militaire avec l’Ouganda et l’appui de la Monusco constitue une stratégie déterminante pour affaiblir durablement les ADF. Dans la salle, le chef de la délégation ougandaise a, pour sa part, réaffirmé l’engagement de son pays à accompagner les forces congolaises dans la restauration de la paix dans les zones affectées.
Plaidoyer pour la dé radicalisation et la protection des ex-otages
La société civile de Beni, par la voix de son président, Me Pepin Kavota, a plaidé pour la création d’un centre de déradicalisation en RDC destiné aux ex-otages et ex-combattants ayant quitté les rangs des ADF. Il a également appelé les organisations partenaires (ONG et autres) et la Monusco à faciliter l’obtention de jugements supplétifs pour les enfants ex-otages, particulièrement très vulnérables.
Au terme de ces trois journées de réflexion, les participants se sont quittés sur une note d’espoir, convaincus que la coordination des efforts, l’engagement communautaire et la coopération régionale peuvent ouvrir la voie à une paix durable au Nord-Kivu.
Rédaction
En savoir plus sur LE VERIDIQUE MEDIA
Subscribe to get the latest posts sent to your email.



Laisser un commentaire