Beni : la forge des métaux, une alternative au chômage pour les jeunes
Dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et le manque d’opportunités d’emploi, certains jeunes de Beni se tournent vers la formation professionnelle pour assurer leur autonomie financière. Au centre de formation professionnelle Mabondeni, situé au quartier Résidentiel, de jeunes hommes et femmes apprennent notamment la forge des métaux et fabriquent divers objets destinés à la vente.
Jeudi matin, il est 7 heures. Sous une pluie battante, nous rencontrons Kabale Mbavumoja Ismaël, jeune forgeron, dans l’atelier du centre de formation professionnelle Mabondeni, situé non loin du marché Kilokwa, à Beni. Dans son espace de travail, le jeune artisan s’affaire à la fabrication de différents objets métalliques. Grâce aux compétences acquises dans la forge, il parvient à réaliser notamment des braseros, des haches, des marmites, des porte-cadenas, des charnières ainsi que différents motifs décoratifs destinés aux portes métalliques.
Cette activité constitue pour lui une source de revenus, même si le nombre de clients reste parfois limité. « Ici à la forge, nous fabriquons des braseros, des haches, des marmites, des porte-cadenas, des charnières pour différentes portes ainsi que plusieurs dessins décoratifs sur les portes métalliques. Grâce à ce travail, nous parvenons à gagner un peu d’argent pour subvenir à nos besoins », explique Kabale Mbavumoja Ismaël.
Une activité ouverte aux jeunes filles
La forge des métaux n’attire pas uniquement les jeunes hommes. Madame Kavira, également forgeronne et mère de quatre enfants, témoigne de l’importance de cette activité dans la prise en charge de sa famille.
Après avoir longtemps cherché une occupation, elle a choisi de se former à la forge. Aujourd’hui, les revenus tirés de son activité lui permettent notamment de contribuer à la scolarité de ses enfants et à leurs soins de santé. « J’avais manqué de travail à faire, c’est ainsi que je me suis initiée à ce métier. Je suis mère de quatre enfants et ce travail m’aide beaucoup, notamment pour la scolarité et les soins de santé. J’encourage d’autres jeunes filles à venir apprendre ce métier afin qu’elles puissent, elles aussi, évoluer », témoigne-t-elle.
Le centre Mabondeni encourage la formation professionnelle
Face au chômage qui touche de nombreux jeunes, les responsables du centre de formation professionnelle Mabondeni encouragent les jeunes de Beni à acquérir des compétences pratiques pouvant leur permettre de développer des activités génératrices de revenus.
Selon les membres du comité du centre, plusieurs dizaines de jeunes suivent actuellement différentes formations au sein de cette structure. Le centre dispose également d’autres espaces de formation dans différentes communes de la ville et du territoire de Beni. « Nous accompagnons les jeunes à travers différentes formations professionnelles. Notre centre compte près de 75 apprenants ici à Mabondeni, et d’autres jeunes sont également formés dans plusieurs centres situés dans la ville et le territoire de Beni », indique un membre du comité.
La formation professionnelle, une voie vers l’autonomie
Les responsables invitent ainsi les jeunes intéressés à rejoindre le centre pour apprendre un métier et développer progressivement leur autonomie économique. « Les jeunes qui veulent apprendre peuvent venir. Nous allons les former. Grâce aux compétences acquises, une personne courageuse peut exercer une activité, payer ses frais et trouver des moyens pour assurer sa survie », ajoute un autre responsable.
Au-delà de la forge des métaux, le centre de formation professionnelle Mabondeni mise sur l’apprentissage de différents métiers pour offrir de nouvelles perspectives aux jeunes confrontés au chômage.
Dans une ville où les opportunités d’emploi formel restent limitées, l’acquisition d’un savoir-faire professionnel apparaît pour plusieurs jeunes comme une alternative pour créer leurs propres activités et subvenir à leurs besoins. La porte reste ainsi ouverte à toutes celles et tous ceux qui souhaitent apprendre un métier et transformer leurs compétences en une source de revenus.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, en les encourageant à aller au-delà de la simple couverture des événements pour contribuer activement à la prévention des conflits et au rapprochement des communautés.
Maguy Masika
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