Beni : le travail, un levier de dignité et d’inclusion pour les personnes vivant avec handicap
À Beni, des personnes vivant avec handicap démontrent chaque jour que l’accès au travail ne constitue pas seulement un moyen de gagner sa vie. À travers différents métiers, elles renforcent leur autonomie, leur confiance en elles et leur place au sein de la communauté. Pour les acteurs de la défense de leurs droits, leur inclusion économique contribue également à la paix et à la cohésion sociale.
Sur le terrain, plusieurs personnes vivant avec handicap font preuve de détermination en exerçant différentes activités professionnelles. Certains travaillent malgré la perte ou l’usage limité d’un membre, tandis que d’autres exercent des métiers tels que la cordonnerie, la vente ou encore la garniture. Pour ces travailleurs, exercer une activité professionnelle représente avant tout une source de revenus, mais aussi une manière de retrouver confiance en soi et d’être reconnu comme un membre à part entière de la société. « Je suis garnisseur. Mon travail me procure la paix, car je vis de mon activité et je gagne de l’argent. Je suis fier de moi-même. Grâce à mon travail, je suis considéré parmi les autres. Parmi mes amis, il y a des pâtissiers, des cordonniers, des journalistes et d’autres garnisseurs », témoigne l’un d’eux.
Un autre travailleur, cordonnier au Centre pour personnes vivant avec handicap de Beni, affirme que son activité lui a permis de gagner le respect de son entourage. « Je suis cordonnier au Centre pour personnes vivant avec handicap de Beni. Depuis que j’exerce ce métier, ma communauté me respecte grâce à mon travail, malgré mon handicap, parce que je ne suis pas un mendiant », explique-t-il.
Le travail, source de dignité et de considération
Au-delà des revenus qu’il procure, le travail permet aux personnes vivant avec handicap de se sentir utiles et de participer activement à la vie de leur communauté.
Pour une femme rencontrée à Beni, l’accès à une activité professionnelle constitue un soulagement non seulement pour la personne concernée, mais également pour son entourage. « Avoir un travail soulage tout le monde. Pour une personne vivant avec handicap, cela lui permet de vivre de manière plus autonome et d’éviter certaines situations de dépendance », explique-t-elle. L’exercice d’un métier permet ainsi à une personne vivant avec handicap de subvenir à ses besoins essentiels, de renforcer son indépendance et de développer des relations plus harmonieuses avec son entourage.
L’autonomie individuelle au service de la paix
Pour Mumbere Kisimbi, chargé des programmes au sein du Syndicat des personnes vivant avec handicap, l’inclusion économique des personnes vivant avec handicap participe également à la construction de la paix. Selon lui, la paix commence d’abord au niveau individuel avant de s’étendre à la communauté. « Le fait qu’une personne vivant avec handicap travaille contribue à l’instauration de la paix. C’est d’abord une paix individuelle, avant de devenir une paix collective. Lorsqu’elle peut subvenir à ses besoins, elle se sent soulagée et intégrée dans la société », explique-t-il. Il estime que l’autonomie économique peut également réduire la vulnérabilité et favoriser une participation plus active des personnes vivant avec handicap dans la communauté. Mumbere Kisimbi invite ainsi la communauté à renforcer son soutien en faveur de l’inclusion et de l’accès au travail pour les personnes vivant avec handicap.
Pour une société plus inclusive
À Beni, ces témoignages montrent que le handicap ne constitue pas un obstacle absolu à la participation économique et sociale lorsque les personnes concernées bénéficient d’opportunités adaptées.
Faciliter l’accès à la formation et au travail pour les personnes vivant avec handicap, c’est leur permettre de vivre dans la dignité, de renforcer leur autonomie et de gagner le respect de leur communauté.
Au-delà de l’amélioration des conditions de vie individuelles, cette inclusion contribue à renforcer les liens sociaux et à promouvoir une société fondée sur la solidarité, le respect et la cohésion.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, en encourageant les journalistes à aller au-delà de la simple couverture des événements pour contribuer activement à la prévention des conflits et au rapprochement des communautés.
MADY-NZENZA ILONGO
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