Beni: Friperie ou pilier de la résilience économique pour des jeunes au chômage
A Beni, chef-lieu provisoire du Nord-Kivu, le secteur de la friperie s’affirme comme un élément central de la résilience économique locale. Au marché central de Kilokwa, de nombreux jeunes se tournent vers la vente de vêtements usagés, attirés par leur caractère unique. Ces habits, dits usés, sont prisés pour leur originalité et leur durabilité.
Derrière leurs étals, ceux que l’on surnomme les « rispakeurs » affichent leurs ambitions. Isack Kambale, au chômage depuis l’obtention de son diplôme, a choisi de devenir « rispakeur », terme désignant ceux qui revendent la friperie en la mettant en valeur. « Je survis grâce à la vente de ces vêtements. Mon objectif est de devenir un styliste spécialisé dans ce type d’habits, car ils sont rares et authentiques », confie-t-il.
Pour subvenir aux besoins de sa famille et organiser sa vie, Isack gagne entre 5 et 15 dollars de bénéfice par jour. Chaque mercredi et samedi, ces jeunes envahissent le marché de Kilokwa dès l’aube pour s’approvisionner en premier choix auprès des grossistes.
Un secteur vital pour l’emploi
Pour Bahati Musabwa, économiste basé à Beni, ce secteur est crucial : « Le commerce de la friperie absorbe une main-d’œuvre importante. Cette activité contribue significativement à réduire le chômage des jeunes dans notre région. C’est une dynamique que j’encourage vivement. »
Dans un contexte marqué par la rareté de l’emploi, la vente de friperie se transforme en une alternative crédible. En choisissant la voie de l’entrepreneuriat informel, ces jeunes de Beni refusent de rester inactifs et travaillent pour améliorer leur avenir.
Odile Tsongo (Etudiante en SIC/UOS)
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