Beni : l’élevage, un levier de résilience pour les ménages face aux conflits
Dans la région de Beni, confrontée depuis plus d’une décennie aux conséquences des conflits armés et de l’insécurité, l’élevage apparaît comme l’une des activités contribuant à la résilience des ménages. Plusieurs habitants témoignent de son importance dans l’alimentation, la génération de revenus et la prise en charge des besoins familiaux.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés d’accès aux champs dans certaines zones, de nombreux ménages se tournent vers l’élevage de petits animaux pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Pour Ngunza Selemani Moïse, éleveur basé à Beni, cette activité permet aux familles de se nourrir tout en générant des revenus nécessaires à la prise en charge de plusieurs dépenses. « Depuis 2018, j’élève des cobayes, des lapins, des poules locales et de race améliorée, des pintades, des dindons et d’autres animaux. Grâce à cette activité, j’arrive à répondre à plusieurs besoins de ma famille, notamment à assurer la scolarité des enfants », témoigne-t-il.
Une activité génératrice de revenus
Interrogé sur l’importance de l’élevage dans la région, le chef de travaux Prosper Kirimanzi, enseignant à la Faculté des sciences agronomiques, estime que l’élevage de petits animaux constitue une activité essentielle pour les communautés, particulièrement celles vivant en milieu rural et affectées par les conséquences des conflits.
Selon lui, cette activité contribue à la création de revenus et peut également constituer une source d’emploi pour de nombreux ménages. « L’élevage est véritablement une activité génératrice de revenus dans la vie quotidienne. Il s’agit notamment de l’élevage des chèvres, des moutons, des porcs et de la volaille. Avec un porc, par exemple, un éleveur peut, après quelques mois, réaliser des revenus importants. »
Une réponse aux besoins alimentaires et économiques
Au-delà des revenus qu’il procure, l’élevage contribue également à améliorer l’alimentation des ménages grâce aux produits d’origine animale. « Le corps humain a besoin de protéines animales. Lorsqu’une famille pratique l’élevage, elle peut plus facilement accéder à certains aliments d’origine animale et ainsi améliorer son alimentation. J’attire l’attention de la population sur le fait que l’élevage de petits bétails peut contribuer au relèvement de l’économie de Beni, en complément de l’agriculture », souligne Prosper Kirimanzi.
Un espoir pour les familles affectées par l’insécurité
À Beni, l’élevage des petits bétails apparaît ainsi comme bien plus qu’une activité secondaire. Pour de nombreuses familles, il constitue une source de revenus, un moyen de renforcer la sécurité alimentaire et une alternative dans un contexte où l’insécurité limite parfois l’accès aux activités agricoles. Dans une région où plusieurs ménages continuent de faire face aux conséquences des conflits armés, le développement de l’élevage pourrait ainsi contribuer à renforcer leur autonomie économique et leur capacité de résilience.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale, en les encourageant à aller au-delà de la simple couverture des événements pour contribuer activement à la prévention des conflits et au rapprochement des communautés.
Kiza Raphaella
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