Beni : Des déplaces vivent en harmonie avec les habitants de Mulekera
A Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo, des familles déplacées après les affrontements entre le M23 et les FARDC vivent dans la commune de Mulekera. Malgré leur situation précaire, un esprit de solidarité et de cohabitation pacifique s’installe progressivement avec les habitants locaux, illustrant l’entraide dans ce contexte de crise.
Pour rappel, ces familles viennent principalement des zones occupées par le Mouvement du M23, où les affrontements avec les Forces armées de la RDC (FARDC) ont provoqué des déplacements massifs. Obligés de fuir précipitamment, ces civils arrivent à Beni sans ressources et dans un état de grande vulnérabilité. La majorité est constituée de femmes et d’enfants de militaires.
Malgré des conditions difficiles, les habitants de Mulekera ont ouvert leurs portes et leurs cœurs aux déplacés. Dans le quartier Tamende, les familles déplacées ont été accueillies dans des espaces communautaires et privés, dont le bureau de la jeunesse, qui a mis à disposition sa salle de réunion, ses bureaux et les alentours pour que certaines familles y passent la nuit.
Gilberto Mbuko, membre de la société civile locale, souligne : « Nous vivons ici en bonne collaboration. La population de Mulekera s’implique pour aider, et nous sensibilisons toute la ville afin de mobiliser des biens matériels pour soutenir ces familles, notamment les épouses des militaires tombés au front. »
Solidarité, malgré les conditions difficiles
Malgré cet accueil chaleureux, les déplacés font toujours face à des conditions de vie préoccupantes. Dormir dans des abris improvisés expose ces familles au froid et à des environnements insalubres. Selon un médecin de l’hôpital Emanuel D’Alzon : « Le manque d’hygiène, l’exposition au froid et l’absence de moustiquaires augmentent les risques de paludisme, de fièvre typhoïde et de diarrhée. Les enfants sont particulièrement vulnérables. »
Le manque d’accès à l’eau potable et aux soins médicaux complique encore la situation. Gilberto Mbuko appelle ainsi les autorités à garantir des conditions de vie dignes pour ces populations et à œuvrer pour la fin du conflit.
Appels à l’aide
Madame Jeanne, veuve venue de Kiwandja, en territoire de Rutshuru, témoigne : « Nos enfants tombent malades chaque jour. Nous n’avons ni médicaments ni nourriture suffisante. »
Face à cette détresse, le bourgmestre de Mulekera, Ngongo Mayanga Dieudonné, rappelle : « Les déplacés ne sont pas venus de leur plein gré. C’est ainsi que nous faisons tout pour leur bien-être et appelons à la solidarité de tous. »
La société civile, de son côté, insiste sur la nécessité d’actions concrètes et durables pour accompagner ces familles et soutenir la cohabitation pacifique avec la population locale.
La situation des déplacés à Mulekera illustre à la fois les conséquences du conflit et la force de la solidarité communautaire. Dans un environnement où la précarité est grande, l’accueil chaleureux des habitants et la collaboration entre déplacés et population locale montrent que la paix et l’entraide peuvent prospérer, même dans les moments les plus difficiles.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale », exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC/Nord-Kivu), avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC Suisse).
A travers ce programme, l’UNPC/Nord-Kivu ambitionne de faire évoluer le rôle des médias afin qu’ils deviennent de véritables catalyseurs de paix et de cohésion sociale.
Sixte Kalumendo
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