Parc des Virunga : le dialogue pour résoudre les différends entre agriculteurs et l’ICCN
Pour lutter contre les tensions persistantes autour des limites du Parc national des Virunga (PNVi), l’association coopérative Mukulima na Haki Yake (« Agriculteur et son droit ») mise sur une approche collaborative réunissant les agriculteurs et l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Cette démarche vise à favoriser un dialogue direct afin de mieux comprendre les préoccupations des différentes parties et d’identifier des solutions durables. Peu à peu, elle commence à porter ses fruits.
Lors de sa récente assemblée générale, tenue au mois de juin, l’association coopérative Mukulima na Haki Yake a invité les responsables de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) à échanger avec ses membres sur la mission de cette institution ainsi que sur les préoccupations liées aux limites du Parc national des Virunga. Pour Kukule Kamangura Wa-Masinda, président de l’association, la promotion du dialogue constitue une étape essentielle pour réduire les tensions qui opposent, depuis plusieurs années, les communautés riveraines et les gestionnaires du parc. « Nous trouvons que les échanges et le dialogue sont utiles. Nous, cultivateurs, ne voulons plus rester passifs. Nous avons déjà compris l’importance du dialogue dans le processus de résolution des conflits. C’est la raison pour laquelle, ces derniers temps, les incidents majeurs opposant les agriculteurs aux éco-gardes ne sont plus récurrents. Cela s’explique par le fait que les deux parties sont désormais disposées à dialoguer », a-t-il déclaré.
Initiative saluée par l’ICCN
La stratégie de dialogue est également saluée par l’ICCN. Bienvenu Bwende, porte-parole de l’institution, estime que la volonté des agriculteurs d’établir un dialogue direct constitue un pas important vers l’apaisement des tensions. « La volonté des agriculteurs est de créer un cadre d’échange sans intermédiaire entre eux et l’ICCN. On sent qu’ils ont compris que la plupart des tensions qui existent entre nous sont généralement entretenues par les intermédiaires. Cette première étape consiste à discuter directement entre les personnes concernées afin d’identifier clairement les points de tension qui nous opposent et de voir dans quelle mesure nous pouvons parvenir à des solutions apaisées », a expliqué le porte-parole. Cette approche collaborative rejoint la vision des autorités provinciales du Nord-Kivu. Dès sa prise de fonctions, le gouverneur militaire, le général-major Somo Kakule Evariste, avait privilégié cette méthode en mettant en place une commission chargée de clarifier les limites légales du Parc national des Virunga.
Rapport jugé déterminant
Pour rappel, les travaux de cette commission ont abouti à la remise de leur rapport le 17 juillet dernier. Cette étape est jugée déterminante par les différentes parties prenantes dans la recherche d’une solution durable au conflit qui oppose les communautés riveraines aux gestionnaires de cette aire protégée.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend transformer le rôle des médias, en les faisant passer de simples observateurs ou rapporteurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Souriante Tasenya
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