Beni : le prix du carburant fluctue, la population à bout de souffle
A Beni, le prix du carburant change presque quotidiennement, sans explication claire ni contrôle visible. Cette instabilité fragilise les transporteurs, alourdit le coût de la vie et accentue les difficultés d’une population déjà éprouvée par l’insécurité. Habitants et conducteurs appellent à des mesures urgentes pour mettre fin au désordre.
Un prix qui ne tient plus en place
Beni, 5 décembre 2025. Le prix du carburant semble désormais imprévisible. D’un jour à l’autre, les tarifs montent ou baissent sans annonce officielle. Cette variation constante crée une confusion générale et complique l’organisation des activités économiques, notamment dans le secteur du transport.
« Le matin, le litre était à 3 200 FC. Le lendemain, on me parle de 3 500 FC. Comment travailler ainsi ? », s’indigne Patrick, motard sur l’axe Butsili–Matonge. Son témoignage reflète le ras-le-bol partagé par de nombreux conducteurs.
Des justifications jugées insuffisantes
Du côté des autorités, les explications avancées évoquent les difficultés d’approvisionnement, l’insécurité sur certains axes routiers ou encore la fluctuation du dollar. Mais pour la population, ces arguments ne suffisent plus à justifier ce qu’elle considère comme un manque de régulation.
« On a l’impression qu’il n’y a aucun contrôle. Les stations fixent les prix comme elles veulent », affirme Vicky Kasereka, chauffeur de triporteur au parking Winnel de Matonge. Ce sentiment d’abandon alimente la frustration générale.
Une hausse en chaîne du coût de la vie
L’instabilité du prix du carburant entraîne automatiquement une augmentation des frais de transport. À son tour, cette hausse se répercute sur le prix des denrées alimentaires et des services.
« Un déplacement qui coûtait 1 000 FC revient aujourd’hui à 1 500 FC. Et demain, qui sait ? », se désole une mère de famille rencontrée près du rond-point Kanzuli.
Dans un contexte marqué par l’insécurité liée aux violences des ADF, cette flambée des prix pèse lourdement sur des ménages déjà vulnérables.
Un marché parallèle en expansion
Profitant du désordre, certains revendeurs informels imposent leurs propres tarifs. Le marché parallèle gagne du terrain, accentuant l’anarchie dans la fixation des prix.
« Les spéculateurs s’enrichissent pendant que nous souffrons », accuse Mumbere Ali, chauffeur de taxi-moto.
Face à cette situation, les habitants réclament des mesures concrètes : transparence dans la fixation des prix, contrôle strict des stations-service et sécurisation des axes d’approvisionnement.
Pour l’instant, aucune décision forte ne semble avoir été prise, laissant la population dans l’attente de solutions durables.
KENDAKENDA Préférence (Etudiante SIC/UOS)
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