Beni : les auditeurs des radios mobilisés contre les rumeurs sur Ebola
Seize auditeurs issus des quatre communes de la ville de Beni ont participé, samedi 29 août 2026, à une table ronde consacrée à la lutte contre les rumeurs et fausses informations liées à la Maladie à Virus Ebola (MVE). Organisée dans le cadre du projet d’appui à la riposte à travers la Communication sur les Risques et l’Engagement Communautaire (CREC), cette rencontre a permis d’identifier plusieurs fausses croyances et de réfléchir aux moyens de renforcer la sensibilisation communautaire.
La lutte contre la désinformation autour de la Maladie à Virus Ebola (MVE) reste un défi majeur dans certaines communautés de la région de Beni. C’est dans cette perspective que l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) et l’organisation Save Communities in Conflicts (SCC) ont organisé, samedi 29 août 2026, une table ronde avec les auditeurs de différentes radios de Beni.
Tenue dans la salle de réunion de l’Université Officielle de Semuliki (UOS), cette activité s’inscrit dans le cadre du projet d’Appui à la riposte contre la MVE à travers les interventions de Communication sur les Risques et Engagement Communautaire (CREC).
La rencontre a réuni un échantillon représentatif de 16 auditeurs, issus des communes de Mulekera, Bungulu, Beu et Ruwenzori, en dehors des intervenants. L’objectif principal était de recueillir leur perception sur les rumeurs qui circulent au sein de la communauté au sujet de la lutte contre Ebola et d’identifier ensemble des pistes susceptibles d’y mettre fin.
Les échanges ont permis de constater que plusieurs fausses informations continuent d’alimenter la méfiance d’une partie de la population envers les équipes de riposte. Certaines de ces rumeurs avaient déjà été relevées lors d’un récent atelier de renforcement des capacités des journalistes organisé à Beni.
Bien communiquer c’est la clé de la lutte

Parmi les rumeurs les plus répandues figure celle selon laquelle « Ebola est un business ». Une affirmation qui, selon les participants, contribue à fragiliser la confiance entre la communauté et les équipes engagées dans la riposte.
Réagissant à cette préoccupation, le représentant de la Commission de Communication sur les Risques et Engagement Communautaire (CREC), Germain Katusi, a appelé la population à accompagner les efforts visant à mettre fin à l’épidémie.
Il a insisté sur la nécessité de respecter les mesures de prévention et de collaborer avec les professionnels de santé en cas de suspicion de la maladie. Pour lui, la participation active de la communauté demeure essentielle pour interrompre rapidement la chaîne de transmission.
Le déni de l’existence d’Ebola toujours présent
Une autre rumeur discutée au cours de la rencontre affirme qu’ « Ebola n’existe pas et serait une invention des Blancs ». Face à cette affirmation, les participants ont unanimement reconnu l’existence de la maladie. Toutefois, plusieurs auditeurs ont estimé que certaines incompréhensions au sein de la communauté peuvent être renforcées par une communication insuffisamment claire. Ils ont recommandé aux relais communautaires et aux autres acteurs chargés de la sensibilisation de bien maîtriser les informations avant de les transmettre à la population.
Selon les participants, une communication adaptée, compréhensible et basée sur des informations fiables constitue un moyen important de réduire les rumeurs et de renforcer la confiance communautaire.
La rumeur sur les militaires également déconstruite
Les participants ont également évoqué une autre fausse information selon laquelle « aucun militaire n’est atteint d’Ebola ». Cette rumeur a été déconstruite au cours des échanges par plusieurs intervenants, notamment le représentant de la CREC.
Des témoignages et éléments illustratifs ont été présentés pour rappeler que des militaires ont déjà été touchés par la maladie et que certains ont pu bénéficier d’une prise en charge médicale avant de guérir.
Cette séquence a permis d’insister sur le fait que toute personne exposée au virus peut être concernée, indépendamment de son statut social ou professionnel.
Les leaders appelés à renforcer la sensibilisation
Dans son mot de clôture, Germain Katusi a appelé les participants à mettre à profit leur influence et leur statut de leaders au sein de leurs communautés pour renforcer la sensibilisation contre Ebola.
Il a rappelé l’importance du respect des mesures de prévention ainsi que de la collaboration avec les équipes de riposte, notamment celles chargées des Enterrements Dignes et Sécurisés (EDS).
Le représentant de la CREC a également insisté sur l’importance de la détection précoce et de la prise en charge rapide des personnes suspectées d’être atteintes. Il a rassuré les participants sur l’existence de traitements et sur les possibilités de guérison pour les personnes prises en charge à temps dans les Centres de Traitement Ebola (CTE).
Les participants ont enfin été encouragés à visiter régulièrement les structures de prise en charge afin de mieux comprendre le fonctionnement de la riposte et de contribuer à déconstruire les fausses informations qui circulent dans leurs communautés.
Des recommandations pour renforcer la riposte
À l’issue de la table ronde, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont notamment plaidé pour le renforcement des séances de sensibilisation dans les zones où les résistances communautaires restent fortes.
Ils ont également recommandé de veiller à ce que les équipes chargées de la sensibilisation disposent d’une bonne maîtrise des messages transmis à la population. La multiplication des échanges avec les leaders communautaires, religieux et locaux a aussi été présentée comme une piste importante pour améliorer l’acceptation de la riposte.
Enfin, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer l’éthique et le professionnalisme des agents impliqués dans la riposte, afin de préserver la confiance entre les communautés et les équipes intervenant sur le terrain.
Cette table ronde a ainsi permis de rappeler que la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les structures sanitaires, mais également sur l’implication active des communautés. Face aux rumeurs et à la désinformation, une communication fiable, adaptée et portée par des leaders de confiance apparaît comme l’un des leviers essentiels pour soutenir les efforts visant à mettre fin à l’épidémie.
Rédaction
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