Nord-Kivu/Ituri : Julien Paluku appelle les populations à combattre Ebola
Face à la résurgence de la Maladie à Virus Ebola (MVE) dans certaines zones du Nord-Kivu et de l’Ituri, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, lance un appel à la vigilance et à la responsabilité collective. Dans un message adressé aux populations des deux provinces le 23 juin 2026, il s’insurge contre les rumeurs et la désinformation qui remettent en cause l’existence de cette maladie mortelle. Il invite, à cet effet, les habitants à respecter les mesures de prévention, à collaborer avec les équipes de riposte et à consulter rapidement les structures de santé dès l’apparition des premiers symptômes.
Alors que des messages de désinformation continuent de circuler dans certaines localités touchées, Julien Paluku rappelle que la MVE est une réalité et qu’elle constitue une menace sérieuse pour les populations. S’adressant aux habitants du Nord-Kivu et de l’Ituri, le ministre insiste sur la nécessité de prendre cette épidémie au sérieux. « Nous demandons à tous les habitants des zones touchées de rester vigilants. Nous tenons à confirmer qu’Ebola est une maladie réelle qui a déjà fait de nombreuses victimes dans cette partie du pays », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’un des principaux obstacles à la lutte contre la maladie demeure la persistance des rumeurs contestant l’existence même du virus. Ces discours, explique-t-il, fragilisent les efforts de riposte et exposent davantage les communautés au risque de contamination. « Le plus grand défi aujourd’hui est que certaines personnes continuent d’affirmer, à tort, qu’Ebola n’existe pas et que cette maladie serait un moyen pour certains de gagner de l’argent. Nous devons éviter ces propos qui nous exposent davantage, ainsi que nos proches. Généralement, ceux qui manipulent les citoyens ne mesurent pas les conséquences de leurs actes sur le bien-être collectif », a indiqué l’ancien gouverneur du Nord-Kivu.
Le douloureux souvenir de l’épidémie de 2018
La diffusion de fausses informations compromet les efforts de prévention et peut décourager les personnes présentant des symptômes de recourir aux services de santé à temps. Pour sensibiliser les populations aux dangers de cette maladie, Julien Paluku rappelle que le Nord-Kivu et l’Ituri ont déjà été victimes de la dixième épidémie d’Ebola. Déclarée le 1er août 2018 à Mangina, dans le territoire de Beni, cette épidémie s’était rapidement propagée dans plusieurs localités, notamment à Beni, Oïcha, Butembo, Katwa, Mabalako, Bunia, etc. Elle avait causé des milliers de contaminations et des décès.
Evoquant cette période difficile, Julien Paluku rappelle les efforts déployés à l’époque pour encourager la population à respecter les mesures sanitaires et à adhérer à la vaccination : « Lorsque j’étais gouverneur du Nord-Kivu, je m’étais moi-même fait vacciner contre Ebola. C’était un message adressé à notre population pour démontrer l’importance de se protéger soi-même et de protéger son entourage contre cette maladie mortelle », a-t-il rappelé, avant d’ajoute que cette expérience douloureuse devrait normalement servir de leçon au moment où les autorités sanitaires sont confrontées à une nouvelle résurgence de la maladie.

Consulter rapidement les structures de santé
Au-delà de la prévention, Julien Paluku insiste sur l’importance d’une prise en charge précoce des personnes présentant des symptômes suspects. « Nous devons être très prudents face à cette nouvelle vague, qui n’a pas de vaccin jusque-là. Toute personne qui se sent malade doit se rendre rapidement dans une structure de santé appropriée afin de bénéficier d’une prise en charge de qualité », a-t-il insisté, regrettant toutefois que certaines personnes hésitent encore à fréquenter les centres de santé en raison de rumeurs selon lesquelles les patients qui y sont admis seraient systématiquement condamnés à mourir.
Pour déconstruire cette perception, il rappelle que les décès enregistrés dans les structures sanitaires sont souvent liés à la gravité de l’état des malades au moment de leur admission. « La méfiance conduit souvent les patients à arriver à l’hôpital lorsque leur état de santé s’est déjà considérablement détérioré et que la maladie est à un stade très avancé », a-t-il déploré. Il souligne également que le personnel soignant paie parfois un lourd tribut dans cette lutte. « Si cette maladie était réellement inventée, comment expliquer que des médecins, des infirmiers et d’autres professionnels de santé engagés dans la prise en charge des malades en soient également victimes ? », s’est-il interrogé.
Guérisons possibles grâce à une prise en charge précoce
Les professionnels de santé rappellent que la prévention demeure le moyen le plus efficace pour limiter la propagation de la maladie. Les populations sont ainsi invitées à respecter les mesures d’hygiène, à signaler rapidement les cas suspects, à éviter tout contact avec les fluides corporels d’une personne malade ou décédée et, surtout, à consulter sans délai dès l’apparition des premiers symptômes.
Pour rappel, les principaux symptômes de la MVE comprennent une forte fièvre soudaine, une fatigue intense, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements et des diarrhées. Dans certains cas, des saignements peuvent également apparaître. Les autorités sanitaires recommandent à toute personne présentant ces signes de se rendre immédiatement dans une structure de santé.
Afin de renforcer ce message préventif, Julien Paluku appelle la population à soutenir les équipes de riposte et à rejeter toute forme de résistance, de menace ou d’agression à l’encontre du personnel médical intervenant dans les zones affectées. « La solidarité et la responsabilité collective sont essentielles pour interrompre la chaîne de transmission et parvenir à l’éradication de la maladie dans les provinces touchées ainsi que sur l’ensemble du territoire national », a-t-il conclu.
Rédaction
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