À Beni, l’apprentissage des métiers aide les jeunes affectés par les conflits à se reconstruire
Issus de familles déstabilisées par les conflits armés, des jeunes et des enfants âgés de 9 à 30 ans se tournent vers l’apprentissage des métiers à Beni. Menuiserie, coupe et couture, mécanique ou encore ajustage leur permettent d’acquérir des compétences, d’éviter l’oisiveté et de contribuer progressivement à leur autonomie. Une initiative qui participe également, selon les acteurs concernés, à la prévention de la délinquance juvénile et à la promotion de la paix.
À Beni, certains jeunes et enfants issus de familles touchées par les conflits armés ont choisi de se former dans différents métiers afin de ne pas rester sans occupation. Ils s’investissent notamment dans la menuiserie, la coupe et couture, la mécanique et l’ajustage.
Au-delà de l’acquisition de compétences professionnelles, cette activité leur offre la possibilité de répondre progressivement à certains de leurs besoins essentiels et de préparer leur avenir.
Pour plusieurs apprenants, cette formation représente également un moyen de s’éloigner des comportements susceptibles de favoriser la délinquance. « Grâce à cet apprentissage, je ne serai pas impliqué dans les antivaleurs, le vol, les crimes et autres formes de délinquance », témoigne un apprenant.
Un autre jeune estime que le temps consacré à la formation contribue à son éloignement du banditisme. « Je suis là pour apprendre et je sais qu’un jour cela va m’aider. Le fait que j’apprenne ici peut contribuer à la paix. Le temps que je passe ici m’évitera le banditisme et pourra ainsi contribuer à la restauration de la paix », explique-t-il.
L’apprentissage comme moyen de prévention de la délinquance
Pour les encadreurs, l’occupation des jeunes par des activités professionnelles constitue un moyen de prévenir la délinquance juvénile. L’absence de perspectives et d’activités peut en effet exposer certains jeunes à des comportements à risque.
Maître Kavutirwaki, l’un des encadreurs du centre, explique que les apprenants sont notamment formés aux travaux d’ajustage. « Nous leur apprenons l’ajustage des portes, des fenêtres et autres ouvrages. Nous utilisons du métal, des tôles, des tubes et des conteneurs. Nous ajustons les métaux selon les formes et les tailles souhaitées. Après un mois, les apprenants sont déjà capables de souder et de réaliser des pratiques élémentaires. Pour être capable de gérer un atelier et maîtriser l’ensemble du métier, il faut passer une année de formation », précise-t-il.
Des compétences pour favoriser l’autonomisation
Mbusa Matsitsi Étienne, responsable du Projet d’Appui pour le Développement des Vulnérables (PADVie), qui encadre notamment des jeunes orphelins et déplacés de guerre, partage cette vision. Selon lui, l’apprentissage d’un métier peut ouvrir la voie à l’emploi et à l’autonomisation des jeunes, deux éléments qu’il considère comme importants pour la construction d’une paix durable. « Depuis 2023, je m’engage à encadrer des jeunes dans le but de les éloigner de la délinquance. Nous recevons des jeunes dont l’âge varie entre 9 et 30 ans, afin de diminuer le taux de la délinquance juvénile », explique-t-il.
En développant des compétences professionnelles, ces jeunes se donnent la possibilité de gagner leur vie de manière honnête et de participer à la vie économique de leur communauté.
Pour les responsables de ces structures, l’apprentissage professionnel ne se limite donc pas à la transmission d’un savoir-faire. Il constitue également un outil d’accompagnement social permettant de réduire l’oisiveté, de prévenir la délinquance et de favoriser l’autonomie des jeunes affectés par les conséquences des conflits armés.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend transformer le rôle des médias, en les faisant passer de simples observateurs ou rapporteurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
MADY-NZENZA ILONGO
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