Diversité culturelle, un levier du dialogue et du développement à Beni

Diversité culturelle, un levier du dialogue et du développement à Beni

Le 21 mai, le monde célèbre la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement. Cette commémoration vise à promouvoir la compréhension mutuelle entre les peuples et à valoriser les richesses apportées par les différentes cultures. A Beni, plusieurs acteurs soulignent l’importance de cette diversité dans la construction de la paix, du dialogue et du vivre-ensemble.

La diversité culturelle constitue une richesse pour les communautés et favorise le dialogue entre les peuples. Pour plusieurs habitants de Beni, la compréhension mutuelle entre les cultures permet à chacun de trouver sa place dans la société et de contribuer à la restauration d’un climat de paix. Ils estiment que le respect des différences culturelles favorise le dialogue interculturel et participe au développement de la région.

Selon nos sources, Beni, caractérisée par la coexistence de plusieurs groupes culturels, offre un exemple concret de la manière dont la diversité peut renforcer les liens sociaux et encourager la solidarité entre les communautés. Elles appellent également les jeunes à reconnaître et à respecter les différences culturelles, considérées comme une richesse préservée depuis longtemps dans la région. « Pour vivre et investir à Beni, les habitants n’ont pas besoin de connaître votre identité. C’est ce qui fait la fierté de cette entité depuis de nombreuses années. Vous remarquerez même que plusieurs familles reconnues parmi les notabilités de Beni ne sont même pas originaires de la province. C’est le cas des familles Kikuni, Mulonda, Ngusu, Ziaka, Saiba, Awazi, etc. », explique le notable Nyonyi Bwanakawa, ancien maire de la ville de Beni. Celui-ci conseille à la jeunesse de poursuivre cette tradition de cohabitation harmonieuse héritée de leurs parents et grands-parents. Selon lui, « l’interculturalité est une force pour le développement mental et économique d’une entité ».

Interculturalité, une force pour le développement

Certes, les acteurs humanitaires qui œuvrent dans domaine de réconciliation affirment que la diversité culturelle constitue un droit humain fondamental. Sa promotion permet de lutter contre les stéréotypes, les discriminations et toutes les formes de fondamentalisme culturel. Ils soulignent que le respect de la diversité est indispensable à la construction de sociétés inclusives, pacifiques et ouvertes au dialogue. Pour Katho Mudaki Florimond, chef d’antenne du Centre de Résolution des Conflits (CRC) à Beni, la diversité culturelle présente de nombreux avantages. Il explique que les contacts entre personnes issues de cultures différentes favorisent l’ouverture d’esprit et permettent de mieux comprendre d’autres façons de vivre, de penser et de voir le monde. Pour lui, cette rencontre des cultures contribue également à l’épanouissement personnel en offrant l’occasion de découvrir de nouvelles langues, traditions, cuisines et expressions musicales. Autant d’éléments qui enrichissent les individus et renforcent la compréhension mutuelle entre les peuples. « Pour résoudre les conflits, nous nous basons également sur les valeurs culturelles. Et comme Beni est cosmopolite, nous avons plusieurs exemples liés aux réconciliations, que nous appliquons et trouvons par après des résultats positifs entre les personnes en conflits qui arrivent à se réconcilier et vivre en harmonie », fait savoir Katho.

Nzanzu : « l’interculturalité favorise le partage des savoirs » (Intégralité à lire ici)

Contacté pour plus d’éclaircissements à ce sujet, des chercheurs affirment l’importance de vivre-ensemble entre les peuples. D’après Nzanzu Kilumbi, historien et enseignant d’université à Beni, l’interculturalité constitue une richesse historique. « Tous les peuples n’ont pas découvert les métaux au même moment, pas plus que l’usage du feu ou du sel. Par exemple, c’est grâce aux échanges avec l’Asie que l’Afrique est entrée en contact avec la porcelaine », rappelle-t-il.

Pour le président de la société civile, la célébration de la Journée mondiale de la diversité culturelle revêt une importance particulière à Beni, une ville marquée depuis plusieurs années par les conflits armés et les tensions sécuritaires. Selon lui, dans un contexte où la paix demeure une aspiration majeure des populations, valoriser la diversité culturelle permet de lutter contre les préjugés, de renforcer la cohésion sociale et de favoriser la réconciliation. « Beni a besoin de célébrer cette journée parce que la paix se construit aussi à travers la connaissance, le respect et l’acceptation des différences culturelles », estime-t-il. Il conclut en disant que la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement demeure ainsi une occasion de sensibiliser les populations à l’importance du respect des différences et de la valorisation des identités culturelles dans la construction d’un avenir commun.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) Suisse.

A travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, en les faisant passer de simples observateurs ou rapporteurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.

Andrico Kabiona


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