Kasindi : des manutentionnaires font de la diversité un moteur de solidarité

Kasindi : des manutentionnaires font de la diversité un moteur de solidarité

Dans la commune rurale de Kasindi à la frontière entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda, le parking « Banane » rassemble chaque jour des manutentionnaires venus de plusieurs provinces du pays. Malgré la diversité de leurs origines, ces travailleurs affirment avoir construit un cadre de travail fondé sur l’entraide, la solidarité et le respect mutuel, faisant de ce parking un exemple de vivre-ensemble.

Au parking « Banane », dans le quartier Congo ya Sika, des manutentionnaires issus de différentes communautés travaillent quotidiennement au déchargement des marchandises. Pour eux, la diversité culturelle constitue une richesse qui renforce la cohésion du groupe plutôt qu’une source de division. Baraka Buyoya, manutentionnaire originaire de Kasindi, explique que les nouveaux arrivants sont accueillis sans distinction, y compris ceux qui ont fui les conflits armés. « Les personnes qui viennent d’ailleurs sont bien accueillies. Nous travaillons avec elles sans discrimination. Certains avaient fui la guerre et nous les avons intégrés sans difficulté. Plusieurs sont ensuite retournés chez eux après le retour de l’accalmie, mais ils continuent de témoigner de notre hospitalité. Lorsque nous restons unis, c’est notre plus grande force », affirme-t-il.

Solidarité au cœur du métier

Originaire de la province du Maniema, Kibundila souligne que le parking « Banane » réunit des travailleurs venus de presque toutes les provinces de la RDC. Cette diversité leur a d’ailleurs valu le surnom d’« États-Unis ». Selon lui, la solidarité est une valeur essentielle au sein du groupe : « Presque toutes les tribus sont représentées ici. Lorsqu’un collègue traverse une épreuve ou célèbre un heureux événement, nous contribuons tous, sans distinction. Nous avons également des tontines qui fonctionnent très bien. Je suis Bangu-Bangu du Maniema, mais je me sens pleinement intégré dans cette équipe », témoigne-t-il. Il précise que ces cotisations solidaires et les tontines permettent de soutenir les collègues confrontés à des difficultés ou d’accompagner les événements familiaux, renforçant ainsi les liens de fraternité entre les manutentionnaires.

Un exemple de vivre-ensemble

Pour François Kikala Walane, originaire du Nord-Ubangi, cette activité lui a permis de s’intégrer durablement à la communauté locale et de construire sa vie grâce au soutien de ses collègues : « C’est grâce à ce travail et à l’appui de mes collègues que j’ai pu me marier il y a une vingtaine d’années. Nous avons été bien intégrés. Les mauvais comportements sont individuels et ne doivent jamais être attribués à toute une communauté. Nous n’avons peut-être pas fait de longues études, mais ce travail nous permet de vivre dignement. D’autres associations devraient s’inspirer de cet esprit de vivre-ensemble », estime-t-il.

Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est mis en œuvre par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse. À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias afin qu’ils deviennent non seulement des observateurs et des rapporteurs de l’actualité, mais aussi de véritables acteurs de la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Fred Mastaki


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