Beni : l’entrepreneuriat, un moyen d’intégration pour les déplacés
Dans un contexte marqué par des déplacements massifs liés aux conflits armés dans l’Est de la République démocratique du Congo, la ville de Beni s’impose progressivement comme un espace de reconstruction sociale et économique. Grâce à de petites activités génératrices de revenus, plusieurs déplacés parviennent non seulement à survivre, mais aussi à s’intégrer durablement dans la communauté locale.
Ville cosmopolite en raison de l’afflux continu de populations fuyant l’insécurité dans les zones environnantes en proie aux exactions des ADF ou encore à l’occupation de certaines localités par le M23, Beni devient progressivement un espace d’accueil et de recomposition sociale. Malgré des défis sécuritaires persistants, la cohabitation entre autochtones et déplacés se construit autour des activités économiques du quotidien. Dans les rues animées du centre-ville, les nouveaux arrivants trouvent peu à peu leur place, souvent grâce à des réseaux professionnels ou communautaires déjà établis.
Intégré grâce à la photographie
Pour certains déplacés, la continuité professionnelle constitue un facteur clé d’adaptation. C’est le cas de Benediction Murabazi, photographe ayant fui Goma après la prise de la ville. À Beni, il a pu rapidement reprendre son activité grâce à l’appui de ses pairs. « A Goma, j’étais photographe. En arrivant à Beni, j’ai continué le même travail qui me permet aujourd’hui de subvenir à mes besoins. Mon intégration a été facilitée par mes collègues d’ici. Après un temps d’adaptation, j’ai pu commencer à travailler de manière indépendante. Certaines personnes me contactent déjà pour des services, ce qui m’aide à vivre plus facilement à Beni. Je suis aujourd’hui bien installé », témoigne-t-il. Cette expérience illustre l’importance des réseaux professionnels dans l’insertion socio-économique des déplacés, particulièrement dans les métiers de services.
Intégrée grâce au petit commerce
D’autres déplacés, ne pouvant pas poursuivre leurs activités initiales, se tournent vers le petit commerce, le taxi-moto etc., pour survivre. C’est le cas de Solange Kavira, contrainte de quitter son milieu d’origine à cause des incursions des ADF. Elle s’est reconvertie dans la vente de friperie. « Je suis revendeuse de vêtements de friperie. Grâce à cette activité, je vis ici à Beni sans trop de difficultés », explique-t-elle.
Cet article est produit dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Un projet exécuté par l’Union Nationale de la Presse du Congo, section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC Suisse). À travers ce projet, l’UNPC Nord-Kivu vise à transformer le rôle des médias, passant de simples observateurs à de véritables catalyseurs de la paix et de la cohésion sociale.
Maki Baraka
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