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Beni : les jardins potagers urbains, une alternative face à l’insécurité alimentaire

Beni : les jardins potagers urbains, une alternative face à l’insécurité alimentaire

Face à l’insécurité persistante qui empêche de nombreuses familles d’accéder à leurs champs, les jardins potagers aménagés dans les parcelles familiales deviennent une solution de proximité à Beni, dans la province du Nord-Kivu. Sur de petites superficies, les ménages cultivent des légumes destinés à leur consommation quotidienne, réduisant ainsi leurs dépenses alimentaires. Au-delà de leur apport nutritionnel, ces espaces contribuent à la résilience économique des familles et à la promotion de l’agriculture urbaine.

Confrontées aux difficultés d’accès à leurs champs en raison de l’insécurité, plusieurs familles de Beni se tournent vers les jardins potagers aménagés dans leurs parcelles. Cette pratique leur permet de produire, à proximité de leurs habitations, des légumes frais destinés à la consommation familiale.

Sur de petites superficies, les habitants cultivent notamment des légumes-feuilles, des tomates et d’autres produits maraîchers couramment utilisés dans la préparation des repas. Cette initiative leur permet de réduire leur dépendance aux marchés et de réaliser des économies sur les dépenses alimentaires.

Des habitants rencontrés à Beni témoignent de l’importance de ces espaces dans leur quotidien. « Le jardin nous aide beaucoup dans notre alimentation. Nous y cultivons différents légumes que nous consommons à la maison. Grâce à ces jardins, nous pouvons avoir des aliments frais sans toujours être obligés de nous rendre au marché », expliquent-ils. Au-delà de la production alimentaire, certains habitants soulignent également l’utilité des jardins potagers dans la culture de plantes médicinales, auxquelles ils recourent pour certains usages traditionnels. « Le jardin ne sert pas seulement à produire des légumes. On peut aussi y planter certaines plantes médicinales, qui peuvent nous aider à soigner quelques maladies », témoignent-ils.

Un outil de résilience face à l’insécurité

Pour certains ménages, les jardins potagers constituent également une source de revenus grâce à la vente d’une partie de leur production. Cette activité leur offre ainsi une possibilité de renforcer leur autonomie financière, malgré les difficultés liées à l’insécurité.

Pour l’ingénieur Ézéchiel Sivisya, les jardins potagers représentent un véritable outil de résilience pour les familles de Beni, particulièrement celles qui éprouvent des difficultés à accéder à leurs champs en raison de l’insécurité persistante. Selon lui, ces espaces permettent aux ménages de maintenir une activité agricole à proximité de leurs habitations et de répondre à une partie de leurs besoins alimentaires quotidiens. « À l’heure où l’insécurité empêche la population de se rendre aux champs, les jardins potagers à Beni constituent un véritable outil de résilience. Ils permettent aux familles de continuer à produire, même lorsqu’elles ne peuvent plus accéder facilement à leurs champs. Ces jardins offrent ainsi une alternative aux habitants et contribuent à l’alimentation des ménages. Les parents les utilisent également pour montrer à leurs enfants l’importance de la terre et de l’agriculture. Ils leur apprennent que le champ reste à la base du développement », explique l’ingénieur Ézéchiel Sivisya.

L’agriculture urbaine, un levier d’autonomie économique

À Beni, le développement des jardins potagers urbains témoigne de la capacité d’adaptation des populations face aux difficultés économiques et sécuritaires. En transformant de petites parcelles familiales en espaces de production agricole, les ménages parviennent à améliorer leur alimentation, à limiter certaines dépenses et, dans certains cas, à générer des revenus supplémentaires. Cette pratique contribue également à transmettre aux jeunes générations les valeurs du travail agricole et à leur faire comprendre l’importance de la terre dans le développement communautaire.

Ainsi, dans un contexte où l’insécurité limite l’accès aux terres agricoles, les jardins potagers apparaissent comme une solution de proximité favorisant l’autonomie alimentaire et la résilience économique des familles. Leur développement en milieu urbain constitue également une piste à encourager pour renforcer la sécurité alimentaire et améliorer les conditions de vie des populations.

Cet article est réalisé dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des journalistes et des médias du Nord-Kivu sur le journalisme de paix pour la cohésion sociale ». Ce projet est exécuté par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), section du Nord-Kivu, avec l’appui de la Direction du développement et de la coopération (DDC Suisse). À travers cette initiative, l’UNPC Nord-Kivu entend renforcer le rôle des médias afin qu’ils deviennent de véritables acteurs de la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Maki Baraka


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