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LE VERIDIQUE MEDIA

« L’aveu de Goma » : deux questions au cœur de la tribune de Julien Paluku sur Joseph Kabila

« L’aveu de Goma » : deux questions au cœur de la tribune de Julien Paluku sur Joseph Kabila

La dernière sortie médiatique de Joseph Kabila a suscité une réaction de Julien Paluku Kahongya. Dans sa tribune intitulée « L’aveu de Goma : le grand masque enfin tombé », l’ancien gouverneur du Nord-Kivu revient sur les douze questions qu’il avait adressées à l’ancien chef de l’État en 2025, lorsque ce dernier était annoncé à Goma, alors occupée par le M23 et ses alliés rwandais, selon lui.

Julien Paluku résume ces interrogations en deux questions centrales. La première porte sur l’identité et les choix de Joseph Kabila : « Est-ce le fils de son père assassiné en 2001 par la mafia rwandaise qui est entré à Goma sous la protection et le contrôle de ces mêmes Rwandais ? »

La seconde concerne les décisions militaires prises durant son mandat : « Est-ce le Président, fils de Mzee Laurent-Désiré Kabila, qui a radié Makenga et ses alliés de l’armée pour se retrouver à Goma sous leur protection ? » À travers ces interrogations, Julien Paluku met en évidence ce qu’il considère comme une contradiction entre les décisions prises par Joseph Kabila lorsqu’il était au pouvoir et sa posture actuelle.

Un devoir citoyen et républicain

Répondant à ceux qui s’interrogent sur les raisons pour lesquelles d’anciens collaborateurs de Joseph Kabila critiquent aujourd’hui sa nouvelle posture, Julien Paluku rejette toute motivation opportuniste. Selon lui, cette prise de position ne vise ni à obtenir un poste au sein des institutions ni à renier le travail accompli sous le régime de l’ancien président. Il la présente plutôt comme un devoir citoyen et républicain consistant à dénoncer ce qu’il qualifie de trahison de la part d’un ancien chef de l’État qui, selon ses accusations, ferait cause commune avec les agresseurs de la RDC.

Indices d’une ancienne complicité, selon Julien Paluku

Dans sa tribune, Julien Paluku affirme que plusieurs événements survenus au Nord-Kivu dans le contexte de la guerre impliquant le Rwanda révéleraient, selon lui, une relation entre Joseph Kabila et Paul Kagame qui ne daterait pas d’aujourd’hui. Il estime que certains faits, difficiles à interpréter à l’époque, prendraient aujourd’hui un autre sens à la lumière des développements politiques et militaires récents. À l’appui de son analyse, il cite plusieurs épisodes.

1. L’arrêt des combats contre le CNDP en 2008

Julien Paluku évoque d’abord l’ordre qui aurait été donné à l’armée congolaise, en 2008, de suspendre les combats contre le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) à Tongo, dans le territoire de Rutshuru. Pour lui, cette décision serait intervenue alors que Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda étaient en difficulté. Il affirme que cet arrêt des opérations aurait permis aux rebelles de lancer une contre-offensive, conduisant notamment à la chute du camp militaire de Rumangabo et à leur progression jusqu’aux portes de Goma.

2. L’arrestation de Laurent Nkunda et les opérations Umoja Wetu en 2009

Le deuxième épisode concerne l’arrestation de Laurent Nkunda, le 21 janvier 2009, suivie du lancement des opérations militaires conjointes dites « Umoja Wetu », officiellement dirigées contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Julien Paluku relève que ces opérations n’auraient duré qu’une trentaine de jours dans une province dont il souligne l’étendue. Il présente cette séquence comme le résultat d’un accord entre Joseph Kabila et Paul Kagame, dont la portée réelle n’aurait pas été dévoilée à l’époque.

3. Le séjour du M23 à Goma en 2012

Julien Paluku revient également sur l’entrée du Mouvement du 23 mars (M23) à Goma, le 20 novembre 2012, et son retrait le 1er décembre de la même année. Il attribue cet épisode à un ordre de Joseph Kabila, donné, selon lui, en concertation avec ses alliés. Cette lecture fait partie des éléments qu’il avance pour étayer sa thèse d’une relation politique et militaire dont les conséquences auraient affecté la sécurité du Nord-Kivu.

4. La nomination de Bosco Ntaganda et la création du M23

L’ancien gouverneur cite ensuite la nomination de Bosco Ntaganda à Goma comme coordonnateur des opérations militaires « Amani Leo ». Il affirme que cette mission devait permettre de contrôler les militaires congolais. Selon son récit, Bosco Ntaganda aurait quitté Goma quelques jours plus tard avec 25 tonnes de munitions pour rejoindre la brousse et contribuer à la création du M23 dans le territoire de Masisi.

Julien Paluku évoque également le rôle de Sultani Makenga, que Joseph Kabila aurait placé à Bukavu en qualité de responsable des opérations, avec la maîtrise des moyens financiers de la région militaire. Il présente ces nominations et ces déplacements comme des éléments révélateurs des rapports de force de l’époque.

5. L’instruction de ne pas conquérir la colline de Tshanzu en 2013

Le cinquième fait concerne les opérations militaires de 2013 contre le M23. Julien Paluku affirme que Joseph Kabila aurait demandé à l’armée de ne pas conquérir la colline de Tshanzu, au motif que les rebelles étaient prêts à se rendre en arborant des foulards blancs.

Selon l’ancien gouverneur, le commandement militaire de la région et l’autorité provinciale de l’époque auraient décidé de poursuivre l’opération malgré cette instruction. Il affirme que les responsables concernés avaient éteint leurs téléphones pour mener l’action à son terme, provoquant ainsi la colère de Joseph Kabila.

6. La disparition de plusieurs acteurs de la victoire de Tshanzu

Enfin, Julien Paluku revient sur le sort de plusieurs responsables militaires qu’il associe à la victoire contre le M23 à Tshanzu. Il cite notamment le colonel Mamadou, décédé en janvier 2014, puis le général Bahuma, mort en août de la même année. Il affirme avoir été le seul rescapé parmi les principaux acteurs qu’il évoque et soutient que Joseph Kabila l’aurait publiquement menacé, en 2015, de le jeter dans le lac. Ces déclarations s’inscrivent dans l’argumentaire développé par Julien Paluku pour remettre en question la gestion de la guerre dans l’est du pays sous la présidence de Joseph Kabila.

Appel à l’unité derrière Félix Tshisekedi et les FARDC

Au terme de sa tribune, Julien Paluku Kahongya s’adresse au peuple congolais et l’appelle à l’unité nationale. Il invite les citoyens à soutenir le président Félix Tshisekedi ainsi que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qu’il présente comme des acteurs essentiels de la défense de l’intégrité territoriale.Pour lui, la mobilisation citoyenne et la défense de la souveraineté nationale doivent primer face aux divisions politiques et aux menaces sécuritaires : « Aimer et défendre son pays ne se négocie pas », conclut Julien Paluku.

Rédaction


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